• «67 ans» est en train de devenir la réforme
  • Décaler l’âge de départ revalorise les pensions
  • Nouvelle étude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse

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Réformer les régimes de retraite est l’une des recommandations récurrentes des organisations internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE …).  L’âge légal de départ à la retraite a nettement augmenté, «67 ans» est en train de devenir la norme dans de nombreux pays de l’OCDE. Certains, comme le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la République tchèque et le Royaume-Uni, prévoient même de le repousser jusqu’à 70 ans, selon l’OCDE.

Depuis le début des années 2000, l’âge effectif de la retraite augmente régulièrement, surtout pour les femmes. En vertu des législations actuelles, l’âge de la retraite pour un homme arrivé à 20 ans sur le marché du travail va passer de 64 ans à 65,5 ans en moyenne au milieu des années 2050. En France, au Luxembourg, en Slovénie et en Grèce, l’âge de la retraite restera pour l’instant inférieur à 64 ans. Pour les experts de l’OCDE, «les réformes menées récemment ont amélioré la pérennité financière des systèmes de retraite et le niveau de vie des retraités est aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’a jamais été». Mais il faut tempérer cet enthousiasme car de plus en plus de retraités se retrouvent dans la pauvreté. Le débat sur une nouvelle réforme des retraites est lancé aussi en France. Les données de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) montrent des chiffres croissants. Avec plus de 650.000 nouveaux départs à la retraite annuels en moyenne sur la période 2015-2019 contre 440.000 qui décèdent chaque année en moyenne sur la même période, le nombre de retraités du régime général reste en progression. Les changements législatifs mis en place depuis 2010 viennent cependant ralentir la hausse du nombre de prestataires. Ce ralentissement est lié à la diminution, puis à la moindre hausse des nouveaux retraités de droits directs depuis 2011. En effet, avant l’entrée en vigueur de la réforme 2010, le nombre de prestataires augmentait de 3,2% en moyenne par an sur 2008- 2010. Alors que sur la période 2015-2019 l’évolution serait en moyenne de 1,6% par an, soit une hausse bien plus faible que celle constatée sur les années précédentes. «Parmi les assurés contraints de décaler leur départ, la majorité bénéficie au final d’une pension légèrement plus élevée que celle qu’elle aurait eue sans cette réforme»,  selon une étude de Cnav.
L’étude de la Sécu démontre aussi les gains financiers pour les assurés du passage de l’âge légal de 60 à 62 ans (voir aussi Le Figaro daté du lundi 21 mars 2016). Ce décalage de deux ans entraîne une hausse de 5% de la pension (complémentaire incluse) d’un assuré gagnant en fin de carrière 5.000 euros brut mensuels, d’après les calculs du cabinet de conseil Maximis Retraite. Ce sera le même résultat pour un salarié gagnant 10.000 euros brut par mois. L’impact est encore plus fort pour une personne qui serait partie à 60 ans avec une carrière incomplète. Le report à 64 ans de l’âge minimum lui rapporterait une hausse de 18% de sa pension. Le report à 62 ans est également un système gagnant-gagnant pour tout le monde. En revanche, l’allongement de la durée de cotisation (programmée à partir de 2020 par la réforme de la retraite de Marisol Touraine) sera moins bénéfique pour l’assuré.

La réforme au Maroc

Le Conseil de gouvernement a adopté, début janvier, 6 projets de loi liés à la réforme de la retraite (cf. L’Economiste.com du 07/01/2016). Le premier texte porte sur le régime des retraites civiles. Il prévoit de hausser progressivement l’âge de la retraite sur trois ans. Ainsi, les natifs de 1957 seront retraités à 61 ans. Ceux de 1958 à 62 ans et ceux de 1959 à 63 ans. La seule exception concernera les enseignants-chercheurs dont l’âge de la retraite est fixé à 65 ans, extensible sur demande à 2 ans, renouvelable une fois. La réforme prévoit aussi de relever la pension minimale de 1.000 à 1.500 DH dans le secteur public. Le dossier devra encore passer le cap du Parlement. Le FMI estime que la réforme du régime des retraites doit être une priorité afin d’assurer sa viabilité.leconomiste.com